Quelques bouts rimés ...

Tout est dans tout... Et réciproquement !

samedi 16 février 2013

Sol y sombra

Le soleil de cinq heures éclabousse l’arène Le fier matador avec sa quadrilla Foule d’un pas martial le sable de la plaza Saluant la présidence et la loge des reines La musique des cuivres rythme le paseo Les applaudissements de la foule complice Venu en très grand nombre assister au supplice Témoignant la ferveur des aficionados Bondissant du toril le fauve exacerbé Déboule dans le cirque chargeant les larges capes Il va subir alors cet horrible handicap L’énorme frustration de ne rien encorner. Mais pour le fatiguer, on lui donne une cible Un vieux cheval étique aveuglé d’un torchon Monté par un gros homme armé d’un long bâton Qui provoque au garrot une brûlure indicible. Et puis c’est le ballet des fantômes volants. Contacts insaisissables mais néanmoins pointus, Les banderilleros de paillettes vêtus, Accrochent dans son cuir de curieux ornements. Puis la cible se fixe : un chiffon écarlate, Lui dit à chaque instant où est son tourmenteur, Mais sa corne impatiente ne rencontre qu’un leure Il voudrait maintenant regagner ses pénates ! Escorté par les bœufs, retourner au corral, Retrouver les pâtures de la plaine andalouse Soigneusement soignées, précieuses pelouses Pour son usage unique, paradis pastoral ! Hélas il est trop tard, il faut finir le drame, Il est indispensable qu’il meurt maintenant Toute son existence pour ce dernier moment Pour l’ultime spectacle : La mort est au programme ! Il est statufié, le mufle au ras du sol ; Les pattes parallèles, les omoplates ouvertes Tout est prêt pour l’estoc et d’une main experte L’homme va le servir, aux tendidos de sol ! Bobi 02 13

Mr et Mme Alzeimer

Dans le jardin d’enfants rempli de pâquerettes Un couple de vieux somnole en se tenant la main Soudain la femme sursaute car au bout du chemin Passe un marchand de glaces avec sa charrette Regarde s’écrie t-elle secouant son époux Des sorbets à la fraise peut être à la pistache Vas donc en chercher deux, vas donc cher Eustache Marque sur un papier, sinon tu oublies tout ! Eustache obtempère mais d'une voix geignarde. Il revient peu après tenant dans chaque main Des saucisses fumantes : Mais où est la moutarde ? Dis la femme fâchée, je t’avais prévenu Il faut bien tout noter, si tu n’y prends point garde Tu risque de rencontrer bien des déconvenues. Bobi 02 13

jeudi 11 octobre 2012

L’automne sur le marais. …….cry of the banshee…. La brume sur le marais étend son manteau gris. Voici venue l’automne la saison nostalgique, Paysages floutés ambiance magique Le décor incertain, vieux arbres rabougris. Et comme une fumée flottant sur la rivière, Des filets de brouillard au contact de l’eau, Font ces spectres livides au milieu des roseaux. Les troncs d’arbres tordant leurs branches sur la vasière, Comme des bronzes torturés de chez Giacometti. Et dérivant sur l’onde, le fantôme d’Ophélie Sa noyade annoncée, aux cris de la sorcière ! Ainsi meurt l’été en ce mois blanc et noir Début d’une agonie se terminant l’hiver Dans le brouillard du fleuve, ce cosmique encensoir ! Bobi 10 2012

dimanche 19 août 2012

Les amants de vérone.

Un cul-de-basse-fosse, des culs-de basse-fosse ! Connaissez vous l’histoire de Juliette Capulet Qui vint s’unir un jour au jeune Roméo Du clan des Montégu, un jour de rodéo Dans la ville de Vérone aux anciens parapets. Par le mal de Naples, elle fut contaminée, Que le beau Roméo lui fila sans vergogne, Au bout de quelques mois elle sentait la charogne, Mais Roméo aussi, l’idylle terminée. Les symptômes bien connus de ce genre de mal, Firent que le couple fut désormais marginal, Pustules chancre mou, les dents qui se déchaussent. Vérole ! Qu’as-tu fait, de ces amants si beaux, Habitant désormais des culs de basse fosse, Qui avaient noms je crois, Juliette et Roméo ? Bobi 08.12

samedi 21 juillet 2012

Les pource.

….pour-ce aimez moi cependant qu’este belle…
On les nommaient les pources, souvenir de Ronsard ! Aujourd’hui je les eu trouvées toutes jolies La jeunesse pour les vieux, pleins de mélancolie Fait des disgracieuses , les cibles des vieux renards ! Le terme n’est pas flatteur pour ces adolescentes, Dans pourceau il y a pource ! Un hasard malheureux ! Et pour cette raison le terme fit long feu Mais on trouve aujourd’hui les expressions récentes Comme gourdace, boudin, j’en passe pour l’éreintage Qui ne valent guère mieux, pource avait l’avantage De citer les « Amours » de notre vieux galant Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas lu les ‘Amours’ J’aurais fait mon possible pour remettre dans le vent Un terme désuet, vieillot, au goût du jour. Bobi 07 2012

jeudi 7 juin 2012

L'oeil du rhino

…………….l’homme est un roseau pensant ….. J’ai, dans une autre vie, été un dur à cuire, Je chassais en Afrique le gros rhinocéros Animal connu pour son humeur féroce Protégé par sa peau, un blindage de cuir ! Pour l’avoir, c’est dans l’œil qu’il convient de tirer. Nourrissez le de choux gros comme des mamelles Et puis le jour choisi, c’est des choux de Bruxelles Que vous lui proposez. Vous traitant de taré : ça des choux ! dira-t-il en montrant sa paupière Mon œil ! Et vous saurez ce qu’il vous reste à faire Ne perdez pas de temps : Tirez où il vous montre ! Mais ne le ratez pas car il est susceptible, Et peut vous en vouloir d’avoir à son encontre, D’inamicaux projets qu’il trouve inadmissibles. Bobi 06/2012

lundi 28 mai 2012

Mâatkaré

……martelez, martelez, il en reste toujours quelque chose ! … Rive du Nil, où sont les pistes des méharis, Les multiples terrasses du temple d’hatshepsout, Merveille des merveilles, chef-d’œuvre de Sénémout Eclaboussent de blanc le Deir el Bahari. Cette grande esplanade en sa forme carrée. Dans la montagne de Thèbes balayée par le vent Témoigne de ton passage il y a trois mille ans Fille de Toutmosis, divine Mâatkare Mais ton nom nulle part n’apparaît en ces lieux De ce temple érigé pour le culte des Dieux Ton passage ici bas soigneusement effacé, Atteste ton emprise sur la Grande Maison. Ta représentation, en tout lieux martelée, Pour nous faire oublier que tu fus Pharaon ! Bobi 05/12

lundi 21 mai 2012

Cauchemar maritime

...et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir ..
Pour son dernier mouillage dans le fleuve Achéron, Il a filé la chaine jusqu'à l'étalingure, Voilier métaphysique aux larges envergures, A l'ancre dans ces eaux surveillées par Charon. Désormais à l'abri des houles déferlantes Evitant dans la rade au rythme des marées, La flotille fantôme des nefs égarées Roule d'un bord sur l'autre, ses vergues pendulantes. La noire embarcation conduite par le nocher, Va quérir l'obole au milieu des rochers Péage obligé pour le dernier passage Cimetière marin où planent les goélands Habités par les âmes des défunts équipages Perpétuant la légende du hollandais volant. Bobi 04 12

lundi 7 mai 2012

3 K

….à H.Reeves … Ô ! Mondes innombrables, amas de galaxies, Soleils explosants en supernovae Pépinières d’étoiles, poussières agrégés, Pulsars à neutrons, monstrueuses toupies, Trous noirs invisibles, dévoreurs de matière Atracteurs sauvages, ces monstres boulimiques Finiront-ils un jour en un gouffre unique Un entonnoir mortel : Cosmique cimetière ! Au bout d’un bras spiral, de notre voie lactée Tourne autour d’une étoile, un monde habité Une fragile boule : petit vaisseau spatial. Trajectoire circulaire, cercle répétitif Où encore subsiste, dans le vide sidéral , Le rayonnement fossile de l’éclair primitif ! Bobi 05 12

mercredi 11 avril 2012

OMBRE FURTIVE

….à mon frère…

Dans ce théâtre étrange, dans cette comédie,
Tu as joué ton rôle comme le fait un acteur,
Quelques actes remplis de bruit et de fureur,
Et puis tu es parti mais sans avoir compris.

Car nul ne comprend à quoi rime la scène,
Que chacun doit jouer, tout au long d’une vie,
Ce livret, dont on dit qu’un fou l’aurait écrit,
Et qui n’a aucun sens : une histoire obscène !

Tu connais désormais l’envers du miroir,
Ce mystère effrayant que je crois entrevoir,
Sans doute le Néant, et sans formalité ,

Car peut-il exister une réponse valable,
A la grande question : Quelle finalité
Pour cette pauvre farce, écrite sur le sable ?

Bobi 04. 12

mardi 24 janvier 2012

VAMPYR.

Tu es belle ma sorcière, comme une cathédrale.
Ton étreinte mortelle aux plaisirs indicibles,
De ton corps diaphane, ma soif incoercible,
M’enchaînent dans ta demeure, humide, sépulcrale.

Mon reflet, au miroir, chaque jour faiblissant,
La brûlure du soleil sur mon corps blafard,
Et mes traits affaissés, comme ceux d’un vieillard,
De ma métamorphose stigmates angoissants !

Je suis si fatigué que je dors tout le jour,
Mais la nuit est à nous, à toi, mon fol amour,
Ma fiancée gothique, ma diablesse, ma goule !

Tu te nourris de moi par tes baisers ardents,
Et par deux petits trous c’est ma vie qui s’écoule :
Aux veines de mon cou, l’empreinte de tes dents !

Bobi 01/2012

vendredi 20 janvier 2012

Walk with Moses.

J’ai, dans une autre vie, marché avec Moïse,
Menant le peuple Hébreux vers Tel-er-Retaba
Le long des eaux limpides du lac Zapouna
Dans l’épuisante quête de la terre promise.

L’armée de Pharaon levait dans le Sinaï
Une poussière épaisse sur ces chemins de roches
Poursuivant les hébreux à chaque instant plus proches
Arrêtés par le lac comme par une muraille

On vit alors Moïse en écartant les bras
Ouvrir dans les flots une route magique
Qu’emprunta aussitôt la horde hébraïque

Et lorsque Pharaon à son tour s’y risqua
La vague se referma sur lui et ses chevaux.
Noyant hommes et bêtes dans ce mouvant tombeau .

Bobi 01.2012

samedi 3 décembre 2011

LES VIEUX AMANTS

….. la belle si tu voulais, nous dormirions ensemble….


Dans cette nuit glacée de cette fin d’hiver,
Dans cette immense couche qui nous sert de lit,
Aux frontières du vide, toi et moi endormis
Tirant la couverture dont le lit est couvert.

Lorsque nous étions jeunes, fermement enlacés
Un chiffon suffisait à couvrir notre couple
Se réchauffant l’un l’autre accouplés comme poulpes
Nos souffles se mêlants comme vents alizés.

Désormais, la tempête, fait partie de nos rêves
Nous ronflons de conserve ainsi que des bassons,
A qui couvrira l’autre, là je parle du son,

Mais la lutte pour la couette, dans un combat sans trêve,
Accompagnée du bruit que nous jouons ensemble,
Si ça n’est pas la guerre, Dieu que ça y ressemble !

Bobi 12 .11

jeudi 17 novembre 2011

Le scorpion et le crocodile.

Je voudrais vous conter une histoire africaine.
L’action se déroule sur le fleuve Casamance,
Où les sauriens pullulent en douce somnolence,
Tout près de Ziguinchor, cette cité lointaine.


Voulant passer le fleuve, un scorpion ordinaire
Demande au caïman qui gîtait en ces lieux
De lui servir de barque,le reptile généreux
N’ayant rien d’autre à faire, accepte, débonnaire.

Bien mal lui en prend car subrepticement,
L’imprévisible bête, s’avise soudainement
De piquer dans le dos son gracieux transporteur.

Ils se noient donc ensemble,et avant qu’ils n’expirent
Le scorpion au croco, dans un dernier soupir:
Je te l’avais bien dit : Plus con que moi tu meurs !

Bobi 15.11.11

samedi 15 octobre 2011

Rencontre du troisième âge.

A Marif…

Dans cet étrange lieu, pour cet anniversaire,
Coule le vin de Champagne qui donne des vertiges
Et leur fait oublier les maux qui les affligent
Ils sont là trente ‘anciens’ dans une champignonnière.

Les yeux baignés de larmes des regards presbytes
Tassés devant le feu, ils chauffent leur arthrite
Oubliant pour une heure leur goutte et leur néphrite
Rassemblés dans la grotte comme des troglodytes.

Chacun d’eux se réjouit de cette réunion
Mais la joie est gâtée par cette question :
Est-ce la dernière fête à laquelle j’ assiste ?

Lequel de ces amis, aussitôt remplacé,
De ces joyeux compères, en cette belle assemblée
Sera pointé absent sur la prochaine liste ?

Bobi 06.10.11

mercredi 7 septembre 2011

Le meilleur des mondes (possible)

Vous me dites : Cher monsieur, ma chatte a mis bas
Six chatons adorables, et j’en ai placé deux,
Mais il en reste quatre que personne ne veut
Faites-en ce qu’il vous plaît, mais qu’ils ne soufrent pas !

L’humanité comporte deux parties inégales :
Une majorité, qui élève des chats
Ceux qui vont à la messe, et en font tout un plat,
Et puis des meurtriers aux mœurs amorales !

Des noyeurs de chatons, avec ou sans éther,
Etres impitoyables, des méchants sans scrupules,
Ils détestent la vie ces tueurs pervers,

Et pourtant je me dis si on ne faisait rien,
Il se pourrait bientôt que les félins pullulent !
Pour faire le monde, il faut, aussi, des assassins.

Bobi. 09 .11

lundi 18 juillet 2011

Nombres premiers

Ce curieux sous- ensemble du domaine des ‘entiers’
Foisonnant au début, retenus par centaines
Ils vont se raréfiant ces nombres dits ‘premiers’
Ceux qui restent dans les mailles du crible d’Eratosthène.

Dans la nuit des grands chiffres, là-bas vers l’infini
Leur densité est faible et tendrait vers zéro
Ils sont pourtant légion, c’est Gauss qui l’a dit
Mais eux le savent-ils ? Peut-être un numéro

D’un poids considérable, mais entouré d’entiers
Croit que le crible plein et qu’il est le dernier
Les nombres divisibles autour de lui fourmillent.

Regardant vers l’amont, il est seul dans le noir
Une angoisse le prend , proche du désespoir
Est-il l’ultime anneau de cette grande chenille ?

Bobi 07.11

vendredi 10 juin 2011

SAINT MALO.

J’ai habité sept ans St Malo « dans les murs »
La poterne aux marchands s’ouvrait sur une mer
Hérissée de rochers , de multiples amers,
Et le fort National à quelques encablures,

A gauche le Grand Bé où Chateaubriand dort
A droite « Qui Qu’en Groigne » et son donjon mythique
L’ église Saint Vincent cathédrale gothique,
Plus loin hors les murs , la tour Solidor.

J ‘ai dans la nuit croisé, sur le chemin de ronde
Que les vagues salées et les embruns inondent
Les ombres de Surcouf et de Dugay-Trouin,

Dans ma tête chantait une étrange musique
Mais plutôt que les cris des corsaires malouins
Des « Pardons » Terre-Neuvas , les accents armoriques !

Bobi 10.06.11

mardi 19 avril 2011

SYNDROME CHINOIS

Le Japon a ouvert six boites de Pandore,
Six Léviathans mortels, déversant nuit et jour
Dans l'air environnant, et la mer alentour,
La pollution fatale, rayonnante, indolore !

Combien de mois encore, devrons nous supporter
Ces boites infernales que nul ne sait clore ?
La mesure du risque peut-elle croître encore,
Quel est ce niveau huit qui pourait l'emporter !

La peur on le sait bien, n'empèche pas le danger !
La menace est si grande, qu'on ose l'envisager.
Un silence prudent est la seule attitude

Qu'il convient d'adopter à cette situation
Et ce calendrier trouvé en altitude
Est peut-être la réponse aux interrogations !

Bobi 18/04/2011

samedi 21 août 2010

Ré la blanche.

Fille d'un dieu solaire dans des temps incertains,
Ré la blanche, couverte de champs de passeroses,
Où les ânes en culotte près de la ville close,
Broutent dans les glacis des douves de Saint Martin !

Plus loin, sur les hauts murs, veillent les miradors
Du pénitentier, étrange échinoderme
De pierre de granit. Dans ce bagne moderne,
Séjounent des forçats, dans ses froids corridors.

Dans le marais salant, l'habile paludier
Aligne des petits tas de sel éblouissants,
Et la mer est partout, d'embruns éclaboussant
La dune sur la plage et son sable incendié.


Aux Châteliers, les ruines de l'ancienne abbaye
Dominent la redoute du fort de la Prée;
Dans Ars, le noir clocher pointe le plat pays,

Le phare des Baleines dans un ciel empourpré
Surveille la nuit qui gagne, et de ce bout de terre
Ré, père de l'île, qui plonge dans la mer !

Bobi 08 10