Quelques bouts rimés ...

Tout est dans tout... Et réciproquement !
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mercredi 14 avril 2010

Maurice



J’ai, dans une autre vie été marchand d’oiseaux.

J’étais spécialisé dans les oiseaux parleurs,

Menâtes, perroquets, perchés sur des roseaux,

Offrant un choix varié aux multiples couleurs

Dans une cacophonie de folles criailleries

Qui donnait l’impression de propos cohérents,

De violentes disputes et même de railleries.


C’est ainsi qu’un beau jour je reçois un client

Qui me dit tout de go : Je cherche un volatile

Qui pourrait compléter un beau jardin d’hiver

Par son apparence et ses couleurs subtiles

Et si c’était possible un bon vocabulaire.

Eh bien ! Lui dis-je alors, j’ai un bel oiseau vert

Doué d’une mémoire assez phénoménale

Il se souvient de tout et il n’est pas très cher

Il saura répéter vos phrases les plus banales.

J’ai aussi celui-là dans sa très belle robe

Il est un peu plus cher mais a un bel accent

Tout droit sorti d’Oxford, c’est un perroquet snob

C’est l’oiseau idéal pour un jardin décent !

Je lui en montrais d’autres de plus en plus coûteux

A cause de leurs talents, parlant grec ou latin

Déclamant du classique en vers rocailleux

Textes ésotériques, citant Saint Augustin !


Enfin nous arrivâmes au fond de ma boutique

Où somnolait Maurice, mon ara favori,

Vautré sur son perchoir, un être pathétique

Une boule de plumes aux tons indéfinis,

Poussiéreux, l’œil éteint, avec un air chafouin.

Son gros bec mité, un pauvre oiseau des îles

Ressemblant en tout point à une boule de foin !


De celui-là, dit l’homme, que m’en coûterait-il ?

Mais rien, lui répondis-je, car il n’est pas à vendre

Il n’a aucun talent, il ne sait pas parler

Il ne sait pas chanter, il est gris comme cendre.


Mais les autres oiseaux ar^rtant de chanter

L’appellent tous « Patron » avec déférence !


Bobi 04 2010

mercredi 11 mars 2009

Dies irae





J’ai, dans une autre vie, été chef d’orchestre,
Et j’ai de ce temps là gardé la nostalgie
De l’interprétation des œuvres titanesques
De Mahler de Berlioz de Wagner de Verdi

De leur ‘Tuba Mirum’, dans leurs messes des morts
Libérant le tonnerre des roulements de timbales
Explosion des cuivres, j’étais le matamore
Qui domptait cette bête,
.......................................... commandant aux cymbales
Un son d’apocalypse dans un éclair d’or.

Et mes cinq cents choristes hurlant à l’unisson
Leur terreur absolue, un univers sonore,
Une musique énorme, qui donne le frisson

Qui sature l’espace, qui vous remplit la tête,
Qui donne le vertige et vous mouille les yeux
Qui vous coupe le souffle, qu’il faut que ça s’arrête.
Que l’émotion est telle, que c’est délicieux
Mais presque douloureux, mais presque insupportable

Et qu’il vous appartient, le seul silencieux
De calmer de la bête, la violence domptable

Puisque c’est vous le maître, que vous tutoyez Dieu !

Bobi 03.09

lundi 4 août 2008

Le bruit et l'odeur..



Levez vous orages désirés
....

J'ai, dans une autre vie été apothicaire
Je soignais mille maux, situation précaire
Qui exigeait alors d'avoir quelques succès
Faute de quoi vous étiez confronté au procès.

Je reçus un beau jour une forte luronne,
Qui me dit tout de go : Monsieur le savant homme,
Voici ce qui m'amène : Voyez-vous je flatule,
J'ai des gaz, mais en plus je me trouve ridicule
Car ils ne sentent pas et sont silencieux !
Depuis que je vous parle, j'en ai eu de nombreux
Passés inaperçus. A quoi sert-il docteur
De péter pour rien ? Si le bruit et l'odeur,
Tous deux sont confisqués !
. ................................................Chère madame, lui dis-je,
Voici quelques pilules qui feront des prodiges,
Revenez dans huit jours, nous en reparlerons !
Une semaine passe, comme tous nous passons.
Ma commère revient pleine de reconnaissance
Elle me baise les mains : C'est une renaissance !
Je les sens, criait-elle ! Ah ! Je les sens ! Docteur
Vous êtes un génie ! Humez la puanteur !
Et bien chère madame dis-je avec onction,
Je suis vraiment très fier de ma médication.
Maintenant qu'est soigné le conduit olfactif,
Nous allons déboucher le conduit auditif.

Bobi 08.08

dimanche 6 avril 2008

Le soutier.

.Un beau jour, sur un rafiot craquant de la coque au pont
Pour partir je travaillerai dans la soute à charbon....(Charles Aznavour)

J'ai, dans une autre vie, travaillé dans les soutes
Des grands transatlantiques, roulant le combustible
Des énormes chaudières, nourritures digestible
Pour ces grandes mangeuses : Steamer en "AVANT TOUTE "

Presque nu et poussant l'éternelle brouette,
Zébré de sombres raies, luisant de mille sueurs,
Chiffon autour du cou, dans l'épaisse touffeur,
La chaleur infernale, dans le mur de briquettes !

Spectacle digne de Dante, dernier rond de l'Enfer,
De quatre heures en quatre heures, ballet renouvelé,
Dont la scène s'élargit pendant la traversée,
Quand se vide la soute, qu'on stocke le mâchefer.

Tout est noir dans les fonds, noir le matériau,
Noir les poumons de l'homme, que silicose ruine.
Ce mineur de la mer, ce marin de la mine,
Polyvalent acteur d'un étrange carreau !

Dix étages au dessus, vers le soleil, là-haut,
Trempant dans la piscine, s'ébattent les nantis,
Fumant de gros cigares et buvant des anis.
Après on nous dira : Les hommes sont égaux !

Ce sont des boit-sans-soif, je ne suis pas amer,
Mes moments de bonheur sont chez moi sublimés,
Il faut être fourbu pour bien se reposer,
Il faut avoir eu chaud pour jouir d'un courant d'air !

Bobi 04.08.