Quelques bouts rimés ...

Tout est dans tout... Et réciproquement !

mercredi 21 mai 2008

Bois d'ébène.



....l'homme est un loup pour l'homme ...

Parqués dans l'entrepont comme des animaux,
Dans la chaleur épaisse des mers tropicales,
Allongés dans le noir, ceux du fond de la cale,
Croupissent dans le vomi de ceux qui sont plus haut !

Le temps est suspendu, quand dans le pot-au-noir,
Le vent ne cale plus le navire qui roule,
Ses vergues pendulantes au rythme de la houle,
Grincements des espars berçant leur désespoir !

Et puis le temps s'emballe lorsque dans l'ouragan
L'eau ruisselle et s'engouffre à travers la claire-voie,
Dans cette humidité où s'installe le froid,
Le prisonnier, de fièvre, frissonne sur son banc.

Chaque jour qui passe l'entraîne loin de l'Afrique,
Adieu ! sa savane aux multiples ressources
Pour la faim le gibier, pour la soif la source,
Pour l'amour ses femmes, dans la hutte conique !

De ce voyage là on ne peut revenir,
On sait bien que là-haut jamais le vent s'inverse
Voyage à sens unique, entrecoupé d'averses:
Il pleut sur son passé, noyant ses souvenirs.

Leurs chefs les ont vendus pour de la pacotille
Puis vendus à leur tour par des chefs plus puissants,
Iront grossir la foule de tous ces innocents,
Ceux qui croupissent là, au fond des écoutilles !

Péché contre l'espèce, l'homme asservissant l'homme.
Trafic triangulaire, fortune des armateurs,
Richesse de la Louisiane, des colonisateurs,
Qui firent de leur semblable une bête de somme !
.
Bouteille à la mer, et que je lance au soir
De ma vie. Peut être, s'échouera, au rivage
Virtuel de l'Histoire, pour porter témoignage.
Pour que l'on se souvienne de la traite des noirs !


Bobi 05.08.

lundi 19 mai 2008

La noyée de Nérac.

.....remember me ! remember me ! but forget my
fate..(Didon's death)



Connaissez-vous l'histoire de la belle Florette
Qui aux jeux de l'amour avec le jeunne Henri
Y gagna un bàtard et comme Ophélie
Se noyât en Baïse, au lieu-dit Nazareth !


Dans le très beau jardin des enfants de l'Albret
Qui se nomme aujour'hui : Parc de la Garenne ,
A été érigée une jolie fontaine
Où git une noyée sur un lit de galets.


Je me suis promené souvent dans ce jardin
Pour écouter les pleurs de la belle lingère:
Jeunes filles n'ayez pas la cuisse trop légère
Et n'essayez jamais de forcer le destin !


Les beaux contes de fées où l'on voit les soubrettes,
Epouser de beaux princes, sont des contes menteurs.
Ce sont pièges à filles pour vils séducteurs:
Souvenez-vous du drame de la pauvre Florette !


Elle est allée grossir la foule considérable
Des femmes délaissées : Buterfly Pinkerton,
La reine de Carthage, cette pauvre Didon,
Arianne et sa soeur, tragédies innombrables !


Si vous passez un jour dans la ville de Nérac,
Perdez quelques minutes, allez à la fontaine
Du parc de la garenne et consolez la peine
De la pauvre Florette vengée par Ravaillac.



Bobi 05.08

dimanche 11 mai 2008

ACADIE



pour quelques arpents de neige ......

Que reste-t-il ami, de ceux de nos rivages,
Qui sont partis un jour pour la nouvelle France ?
Aunissois, Saintongeais, gens remplis d'espérance,
Des arsenaux du Roi : Rochefort ou Brouage !

Le coeur plein de vaillance, ils emmenaient aussi
Ceux du marais pictave et l'art des aboiteaux.
Dans ce nouveau pays qu'ils gagneraient sur l'eau
Les prairies magnifiques de la belle Acadie.

Et puis est survenu le Grand Chambardement.
Monsieur Charles Laurence, vous êtes un vilain
D'avoir déporté ! D'avoir mis les Cajuns
Dans les bayous mortels de Nouvelle Orléans !

Dans le Nouveau Brunswick très peu sont retournés
Leurs descendants ravis reviennent pour revoir
Leur ancienne famille, pour faire un 'tintamarre'
Bien dans la tradition si bien enracinée.

Il faut bien célébrer l'union Québec-France,
Mais n'oublions jamais le drame d'Acadie
L'abandon par Louis de cette colonie,
Ne jetons pas le voile sur toute cette souffrance.

Nous qui cherchons partout raisons de repentir
Voila une occasion qu'il ne faut pas laisser
Et demandons pardon de ce traité d'Utrecht
Lâché par le monarque du plus puissant empire !

Bobi 05.08

dimanche 20 avril 2008

Brouage.

la mer, même à marée haute, est à l'aval de tout...(J.M. Gilory)

Brouage, citadelle au milieu des salines,
Offerte à l'attention du visiteur surpris
De trouver dans les terres, cet étrange réduit,
Poudrière, arsenal, caserne, forges marines !

Sous ses voûtes de pierre, élégamment voltige
Le rire de Marie, nièce de Mazarin
Mais aussi ses sanglots, et que le vent marin
Emporte vers Paris : Raison d'état oblige !

L'histoire de Marie est celle de ce bourg
Comme elle abandonné, oublié par la mer
Comme elle se desséchant, dans ses marais amers,
Sans eau, donc sans navire, sans espoir, sans amour !

Brouage que Richelieu occupa pour faire taire
Le schisme Huguenot, grouillant à La Rochelle.
Brouage qui vit naître un Champlain Samuel,
Brouage où furent occis des prêtres réfractaires !

Mais dans ce condensé d'architecture guerriere
La paix est revenue, ne reste que le reproche
Apporté par le vent de l'océan tout proche
De ce curieux divorce d'un port et de la mer !

Bobi 04.08.

vendredi 18 avril 2008

Naissance d'un royaume.


Que reste t-il, ami, à notre gentil dauphin,
Orléans, Beaugency, Notre Dame de Clery,
Vendôme, Vendôme.......


Comptine de l'enfance ! Les cloches de Cléry :
Ernestine, Marie, Gabrielle et Odile
L'égrènent sur quatre notes en ce beau mois d'avril
Lorsque roule la Loire au pont de Beaugency !

Vendôme, Orléans ! L'ombre de la pucelle
Hante encore ces lieux, la tombe de Louis
Sous les voûtes légères de l'ancienne abbaye
Témoignent du passé de la France immortelle !

Ici fut châtiée , des Godons, l'arrogance,
Par une jeune fille, par la foi des croyants.
Ici, Dieu même a pris un parti clairvoyant.
Ici, a pris naissance, le royaume de France.

Des cloches de Cléry au carillon de Reims
Où fut oint Charles sept, le si gentil dauphin.
De l'étendard de Jeanne à Bertran Dugesclin
S'est formée l'unité de toutes ces provinces.

Aujourd'hui la comptine tinte dans ma mémoire,
Regardant bouillonner le courant de la Loire
Je vois à Beaugency dans ce trouble miroir
Défiler sous mes yeux une parcelle d'Histoire !

Bobi 04.08.

mercredi 9 avril 2008

La baie des pictons



.....non pas la couleur mais la nuance ...

Pour habiter chez nous, il faut aimer la plaine
La plaine et le marais, il faut aimer la mer,
Mais plutôt que la mer son approche incertaine,
L'estran mal dessiné, rivages lagunaires.

Les couleurs de la côte sont des teintes lavées
Rien n'est bien défini, hormis le pictogramme
Ecrit par les bouchots, sans cesse répété
Et que la marée gomme, vivant vidéogramme !

Ce n'est pas la hollande ce n'est pas le japon
C'est la baie des pictons, l'anse de l'aiguillon,
C'est le pertuis breton, celui de maumusson,
C'est le pertuis d'antioche du côté d'oléron.

La couleur de l'eau qui baigne nos rivages,
Passe par toutes les nuances des verts et des bruns
Suivant l'heure de marée, la couleur de la plage,
Si le soleil est là, si le temps est chagrin.

Si vous n'êtes pas né, ici, prenez patience,
Il vous faudra du temps pour s'imprégner des charmes
Qu'inspire le plat pays, mais cette récompense
Si vous y parvenez, vous fait rendre les armes !

Bobi 17.11.07

dimanche 6 avril 2008

Le soutier.

.Un beau jour, sur un rafiot craquant de la coque au pont
Pour partir je travaillerai dans la soute à charbon....(Charles Aznavour)

J'ai, dans une autre vie, travaillé dans les soutes
Des grands transatlantiques, roulant le combustible
Des énormes chaudières, nourritures digestible
Pour ces grandes mangeuses : Steamer en "AVANT TOUTE "

Presque nu et poussant l'éternelle brouette,
Zébré de sombres raies, luisant de mille sueurs,
Chiffon autour du cou, dans l'épaisse touffeur,
La chaleur infernale, dans le mur de briquettes !

Spectacle digne de Dante, dernier rond de l'Enfer,
De quatre heures en quatre heures, ballet renouvelé,
Dont la scène s'élargit pendant la traversée,
Quand se vide la soute, qu'on stocke le mâchefer.

Tout est noir dans les fonds, noir le matériau,
Noir les poumons de l'homme, que silicose ruine.
Ce mineur de la mer, ce marin de la mine,
Polyvalent acteur d'un étrange carreau !

Dix étages au dessus, vers le soleil, là-haut,
Trempant dans la piscine, s'ébattent les nantis,
Fumant de gros cigares et buvant des anis.
Après on nous dira : Les hommes sont égaux !

Ce sont des boit-sans-soif, je ne suis pas amer,
Mes moments de bonheur sont chez moi sublimés,
Il faut être fourbu pour bien se reposer,
Il faut avoir eu chaud pour jouir d'un courant d'air !

Bobi 04.08.

jeudi 20 mars 2008

In mémoriam...

la mémoire de Chantal S...

Repose enfin ma soeur après ce long supplice
Et cette délivrance que tu as tant souhaitée
Peu importe par qui elle te fut apportée.
Gardons sur cette affaire un silence complice ...

Rappelons nous surtout, de ta simplicité
De ta voix raisonnable, de la simple exigence
De prendre en main ton sort, refuser la souffrance,
Mépriser l'impuissance de la société.

Bobi 20.03.08

samedi 15 mars 2008

La légende d'Ays.




de profondis clamavit ....



Quand la lune de septembre blanchit les toits d'ardoises,

Que blanchissent les vagues de la mer d'Iroise,

Que le vent de noroît soufle sur Ouessant,

Que la mer se déchire aux îles du ponant,

Que les goélands fous, criaillent, habités

Soi-disant par les âmes des marins trépassés,

Alors, des Birvideaux, sourd comme un cantique.

De la ville engloutie, de ses ruines antiques

Monte ce Requiem aux anciens habitants,

Cette messe des morts, du fond de l'océan.


Aux marées d'équinoxe, lorsque baissent les eaux,

Les trépassés d'Ays, pleurent aux Birvideaux !..
.
.
.

vendredi 7 mars 2008

Le dernier cri.

Je joue d'un violon qui n'est pas à moi...
...On me l'a prêté...J'oublie quelquefois
Que je le rendrai...Le propriétaire
Viendra le chercher...Il le reprendra...

Qu'est-ce que je ferai à ce moment là ?...
Je dirai "merci"...Y a rien d'autre à faire...



...Mais je suis vexé... S'il me dit comme ça :
" Je t'en prête un autre"...
Il pourra courir !... Je n'en voudrai pas !


J.P. Lasmoles.
La Rochelle nov. 93

jeudi 28 février 2008

Sentinelles.


tuez les tous ! Dieu reconnaîtra les siens ....

Quand on va dans le sud là-bas vers Carcassonne
Sur la Languedocienne, on croise forcément
Ces géants de béton, d'un aspect effrayant
Et qui semblent garder la route de Narbonne.

Le regard rivé vers la chaîne rocheuse,
Sentinelles attentives ils semblent prévenir
Une invasion mauresque qui pourrait survenir
De ce monde d'ibères à l'humeur ombrageuse !

Peut être veillent-ils sur l'arche de l'alliance
Cachée dans le Razès par Alaric deux,
Les tables de la loi, le trésor des hébreux,
L'alliance de YAWEH, symbole d'allégeance,

Ou bien ne sont-ils pas ces chevaliers chrétiens,
Venus en languedoc réduire l'hérésie
Pour plaire à Innocent pape en Italie
Souvenez vous d'Arnaud, de son propos hautain !

Ce pourrait être aussi l'armée de Charlemagne
Inquiète de ne plus voir Roland et Olivier,
Suivre l'ost des francs, tous les preux chevaliers
Navrés à Roncevaux, par les basques d'espagne.

Impassibles ils sont là, et regardant rouler
D'un oeil indifférent les hordes estivales,
Après celles des Maures des Alains des Vandales,
Ils ont pris le parti de les laisser passer !

Bobi 02 .08.

vendredi 1 février 2008

Happy birthday to me.

à V.G.E.

Les rois s'en sont allés avec leurs chameaux,
Ils ont près de l'enfant déposé leurs présents :
L'or , l'encens et la myrrhe avec leur compliment
Aux parents ébahis : Beaux contes orientaux !

On a fêté ces rois en offrant des galettes
Ou plutôt des tourins, et pour savoir qui
Portera la couronne, dans la pâte on a mis
Une petite fêve, chez nous une mojette !

Et puis voiçi venue, la fête des lumières.
Ah bon me direz-vous enfin sont à l'honneur
Voltaire et ses amis, en cette Chandeleur !
Eh bien ! Non voyez-vous, cette fête cuisinière

Où on mange des crêpes, est encore biblique !
Son origine serait dans la présentation
De Jésus à son temple, la purification
De sa mère Marie : Légendes magnifiques !

Mais, si j'ai pris la plume en ce deux février,
Ce n'est pas pour parler de Jésus ou Marie,
Mais pour te rappeler lecteur mon ami :
C'est mon anniversaire ! Tu allais l'oublier !

Bobi 02.02.08




jeudi 24 janvier 2008

Les Cyprès.

Cyprès des cimetières, fidèles gardiens des morts !

Nuit et jour, ils sont là, figés, à la parade.

A dix pas d'intervalle, montant leur triste garde.
Caressés de soleil, ou cinglés par les pluies,
Ils observent les convois dans les allées fleuries,
Cheminant lentement, vers cet ultime port
Baigné d'immensité, qu'on appelle la Mort.

J.M.B. 29 décembre 1952.

dimanche 13 janvier 2008

Rentrée des classes.

Tous les ans en septembre, c'est une tragédie.
C'est la fin des vacances, et les petits garçons,
Pour la première fois désertent la maison,
Pour l'école maternelle, moderne garderie.

C'est à leur chère maman qu'est dévolu le rôle
De les accompagner jusqu'au sinistre endroit,
Accroché à son bras dans ce matin sournois,
La tête renversée contemplant son idole,

Il est un peu inquiet, mais n'a-t-elle pas dit:
Les dames sont très douces, et puis tu vas te faire
Plein de nouveaux amis, gentils, qui vont te plaire,
Et puis je serai là, je t'attends à midi !

Hélas ! Tout est mensonge, ici rien n'est Amour !
Ni la douceur des dames, un peu autoritaires,
Ni les gentils amis, comme lui solitaires,
Et maman est partie, peut être pour toujours !

Première trahison d'une femme tant aimée !

C'est au mois de septembre quand les arbres rougissent,
Que les petits garçons subitement grandissent,
Perdant leur innocence en ce jour de rentrée.


Bobi 01 08

mercredi 26 décembre 2007

Où il est proposé des agapes pour l'orgie de fin d'année

MENU

Pour clore cette année et pour débuter l'autre,
Que souhaitez-vous manger, manants ?
Que souhaitez-vous ?

Bayerais-je ces bailleuses qu'on trouve sur nos côtes ?
Et que vous gobez crues ! Voulez-vous en gober ?
Vous en goberez donc !

D'autres bailleuses plus rondes pêchées à Saint Jacut,
Savamment cuisinées par une main experte,
Voulez-vous en croquer ? Je vous ai entendus.
Vous en croquerez donc de ces petites bêtes !

Je puis vous proposer, pour suivre, du marcassin,
Bête semi-sauvage qui hante nos sous-bois,
Avec des champignons et des marrons très fins
Trouvés dans la forêt, venus du même endroit;
Plat qui tient bien au ventre en ces temps incertains !
Vous en aurez, manants !

Et puis ces laits tirés de la chèvre ou la vache
Que l'on fait fermenter, vous en voulez aussi ?
Avec de la verdure : Endive, scarole ou mâche
Pour balayer la tripe ?
Vous demandez Merci !
Vous en aurez quand même!

Pour gâteau de dessert vous en serez Baba !
De ces éponges à rhum !
Voulez-vous en mâcher ?
Vous en mâcherez donc, et pour clore tous ces plats,
Café à volonté.
C'est ce que vous voulez ?
Vous en aurez, manants !

Ah ! Mais me direz-vous : Quelles franches lippées
Quels raisins fermentés, blanc, noirs, lapperons-nous ?

Apaisez vos angoisses, du blanc vous en aurez
Et puis du rouge aussi, du bon rassurez-vous.
Vous lapperez, manants.
Par Dieu vous lapperez !

Gloutons, vous aurez tout !

Ce que ne puis donner,
C'est l'amour de ma mie, que je garde pour moi !
Aux douze coups de minuit, adonques l'accolerai ,
Pour saluer l'an nouveau, renouvelant ma foi !

Bobi 12.07

jeudi 6 décembre 2007

Grand'Mère

à ma grand'mère, en souvenir du village de Kroet à Groix !...

.

.

J'entends la voix de ma grand'mère,

Comme une prière assourdie,

J'entends la voix qui me fut chère,

M'appeler, telle une litanie.

.

Oh ! jours dorés de ma jeunesse;

La maison grise, près du chemin.

Le grand figuier, battu sans cesse

Par les rafales dans le jardin.

.

J'entends le pas de ma grand'mère,

S'approcher de mon lit sans bruit,

J'entends la voix de ma grand'mère

Jaillissant au coeur de la nuit.

.

Comme elle est fine , droite et fière

Jamais elle ne fut si jolie.

On dirait une dentellière

Brodant de l'or au paradis,

Dans la lumière.

.

.

JM.Bobinnec. Nantes 01 1953.

mardi 4 décembre 2007

Les méfaits du tabac.

L'aïeul dans son fauteuil, après le déjeuner,
S'est endormi béat, ayant posé sa pipe
Encore toute chaude sur la table à côté
De son siège, il digère, et les bruits de sa tripe,
Avec ses ronflements font un drôle de concert !
A quelques pas de là son petit-fils l'observe.
Il est quinze heures et quelque en cette fin d'hiver,
C'est la fin du banquet, que les femmes desservent.
Enfin l'enfant approche, s'empare du brûle-gueule,
Le fracasse sur le sol fait de dalles de grès !
La bruyère éclatant va réveiller l'aïeul
Qui tout en s'étouffant, voit sa pipe ruinée,
Interpelle le gamin , lui demande : Pourquoi ?
L'enfant d'un air candide : C'est pas plus tard qu'hier
J'ai entendu maman chuchoter à mi-voix
A mon papa chéri : Tu sais, lorsque ton père
Aura cassé sa pipe, on pourra acheter
Une voiture neuve ! C'est pour cette raison.

Suivez donc mon conseil : Arrêtez de fumer
Si vous ne voulez pas de ces désillusions.

Bobi 12.07

vendredi 30 novembre 2007

Acrostiche.

Vous dirais-je l'angoisse du septuagénaire
A l'affût des symptômes de la grave affection
Les signes le prévenant et d'une façon très claire
Du mal qui l'enlèvera sans doute à l'affection
En plus de sa famille , à celle de ses amis,
N'en déplaise aux méchants c'est du moins ce qu'il croit !
Si ces signes surviennent c'en est fait de la vie
Tranquille qui s'écoulait doucement sans effroi
Ramenant chaque instant ce futur sans espoir.
On ne pense qu'à ça, on compte on évalue,
Mesure le temps qui reste, avant le grand trou noir !

Bobi 11.07

mardi 13 novembre 2007

La petite église.



the curfew told the knell of parting days .....


Quand je sors de chez moi, j'ai comme point de vue
Vers le haut de la rue, une jolie chapelle
L'église du Sacré-Coeur , c'est ainsi qu'on l'appelle.
Sa façade se dresse, en haut, bouchant la rue.
.
Sur ses arcs- boutants sur le sol dressée,
On dirait la fusée de Tryphon Tournesol
Mais en place du damier servant de muserolle
C'est
la tiare d'un pape qui lui sert de nez !
.
Elle est prête à partir pour des cieux plus cléments,
A emmener ailleurs les gens de la Genette
Mais où seraient-ils mieux ? Ses paroissiens rejettent
Ce voyage hasardeux ! Elle attend patiemment

Ses cloches nous égrènent et tout au long du jour,
Chaque heure qui s'écoule, mais pour sonner matines,
C'est la volée superbe, puis dans un mode intime
Son bourdon bat la note : Un glas plaintif et sourd !


On y voit il est vrai, plus de tristes obsèques,
Que de gais mariages, et les samedis soirs,
On y croise des bourgeois, venus pour recevoir,
L' assurance du "Salut", promis par les évêques.


Si à la Sainte Vierge, on fait un voeu pieux
On dit qu'elle y répond, s'il est acte de foi !
Elle est si attirante, je dois dire que parfois
J'en viens à regretter de ne pas croire en Dieu !

Bobi 13.11.07

dimanche 11 novembre 2007

10 Novembre.



Enfin voici l'automne en ce mois de novembre
L'interminable été indien s'est épuisé
Ce beau temps permanent nous contraignait à prendre
L'attitude estivale, les gestes de l'été !
Aujourd'hui il fait gris, tout est mouillé dehors
On voit bien que les plantes avaient bien besoin d'eau !
Et moi je peux prétendre et sans aucun remord
A demeurer chez moi: Il fait vraiment pas beau !
Nous sortirons demain pour acheter des livres
C'est l'époque des prix, nous prendrons le Goncourt
Et ceux que la rumeur conseille et quelques vivres.
Nous achèterons donc des petits gâteaux pour
Prendre avec le thé et de la confiture
Faite d'écorce d'orange qu'on nomme marmelade
Ensuite nous rentrerons, sortirons les vêtures
Adaptées pour un siège, pantoufles, cotonnades,
Vêtements d'intérieur, plaids d'Ecosse, coussins mous.
Dans les meilleurs fauteuils que la maison renferme
Nous nous installerons, dedans ce décor doux
Pour attendre la mort, sans hâte mais de pied ferme !

Bobi 10.11.07