Quelques bouts rimés ...
lundi 28 mai 2012
Mâatkaré
lundi 21 mai 2012
Cauchemar maritime
...et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir ..Pour son dernier mouillage dans le fleuve Achéron, Il a filé la chaine jusqu'à l'étalingure, Voilier métaphysique aux larges envergures, A l'ancre dans ces eaux surveillées par Charon. Désormais à l'abri des houles déferlantes Evitant dans la rade au rythme des marées, La flotille fantôme des nefs égarées Roule d'un bord sur l'autre, ses vergues pendulantes. La noire embarcation conduite par le nocher, Va quérir l'obole au milieu des rochers Péage obligé pour le dernier passage Cimetière marin où planent les goélands Habités par les âmes des défunts équipages Perpétuant la légende du hollandais volant. Bobi 04 12
lundi 7 mai 2012
3 K
mercredi 11 avril 2012
OMBRE FURTIVE
Dans ce théâtre étrange, dans cette comédie,
Tu as joué ton rôle comme le fait un acteur,
Quelques actes remplis de bruit et de fureur,
Et puis tu es parti mais sans avoir compris.
Car nul ne comprend à quoi rime la scène,
Que chacun doit jouer, tout au long d’une vie,
Ce livret, dont on dit qu’un fou l’aurait écrit,
Et qui n’a aucun sens : une histoire obscène !
Tu connais désormais l’envers du miroir,
Ce mystère effrayant que je crois entrevoir,
Sans doute le Néant, et sans formalité ,
Car peut-il exister une réponse valable,
A la grande question : Quelle finalité
Pour cette pauvre farce, écrite sur le sable ?
Bobi 04. 12
mardi 24 janvier 2012
VAMPYR.
Ton étreinte mortelle aux plaisirs indicibles,
De ton corps diaphane, ma soif incoercible,
M’enchaînent dans ta demeure, humide, sépulcrale.
Mon reflet, au miroir, chaque jour faiblissant,
La brûlure du soleil sur mon corps blafard,
Et mes traits affaissés, comme ceux d’un vieillard,
De ma métamorphose stigmates angoissants !
Je suis si fatigué que je dors tout le jour,
Mais la nuit est à nous, à toi, mon fol amour,
Ma fiancée gothique, ma diablesse, ma goule !
Tu te nourris de moi par tes baisers ardents,
Et par deux petits trous c’est ma vie qui s’écoule :
Aux veines de mon cou, l’empreinte de tes dents !
Bobi 01/2012
vendredi 20 janvier 2012
Walk with Moses.
Menant le peuple Hébreux vers Tel-er-Retaba
Le long des eaux limpides du lac Zapouna
Dans l’épuisante quête de la terre promise.
L’armée de Pharaon levait dans le Sinaï
Une poussière épaisse sur ces chemins de roches
Poursuivant les hébreux à chaque instant plus proches
Arrêtés par le lac comme par une muraille
On vit alors Moïse en écartant les bras
Ouvrir dans les flots une route magique
Qu’emprunta aussitôt la horde hébraïque
Et lorsque Pharaon à son tour s’y risqua
La vague se referma sur lui et ses chevaux.
Noyant hommes et bêtes dans ce mouvant tombeau .
Bobi 01.2012
samedi 3 décembre 2011
LES VIEUX AMANTS
Dans cette nuit glacée de cette fin d’hiver,
Dans cette immense couche qui nous sert de lit,
Aux frontières du vide, toi et moi endormis
Tirant la couverture dont le lit est couvert.
Lorsque nous étions jeunes, fermement enlacés
Un chiffon suffisait à couvrir notre couple
Se réchauffant l’un l’autre accouplés comme poulpes
Nos souffles se mêlants comme vents alizés.
Désormais, la tempête, fait partie de nos rêves
Nous ronflons de conserve ainsi que des bassons,
A qui couvrira l’autre, là je parle du son,
Mais la lutte pour la couette, dans un combat sans trêve,
Accompagnée du bruit que nous jouons ensemble,
Si ça n’est pas la guerre, Dieu que ça y ressemble !
Bobi 12 .11
jeudi 17 novembre 2011
Le scorpion et le crocodile.
L’action se déroule sur le fleuve Casamance,
Où les sauriens pullulent en douce somnolence,
Tout près de Ziguinchor, cette cité lointaine.
Voulant passer le fleuve, un scorpion ordinaire
Demande au caïman qui gîtait en ces lieux
De lui servir de barque,le reptile généreux
N’ayant rien d’autre à faire, accepte, débonnaire.
Bien mal lui en prend car subrepticement,
L’imprévisible bête, s’avise soudainement
De piquer dans le dos son gracieux transporteur.
Ils se noient donc ensemble,et avant qu’ils n’expirent
Le scorpion au croco, dans un dernier soupir:
Je te l’avais bien dit : Plus con que moi tu meurs !
Bobi 15.11.11
samedi 15 octobre 2011
Rencontre du troisième âge.
Dans cet étrange lieu, pour cet anniversaire,
Coule le vin de Champagne qui donne des vertiges
Et leur fait oublier les maux qui les affligent
Ils sont là trente ‘anciens’ dans une champignonnière.
Les yeux baignés de larmes des regards presbytes
Tassés devant le feu, ils chauffent leur arthrite
Oubliant pour une heure leur goutte et leur néphrite
Rassemblés dans la grotte comme des troglodytes.
Chacun d’eux se réjouit de cette réunion
Mais la joie est gâtée par cette question :
Est-ce la dernière fête à laquelle j’ assiste ?
Lequel de ces amis, aussitôt remplacé,
De ces joyeux compères, en cette belle assemblée
Sera pointé absent sur la prochaine liste ?
Bobi 06.10.11
mercredi 7 septembre 2011
Le meilleur des mondes (possible)
Six chatons adorables, et j’en ai placé deux,
Mais il en reste quatre que personne ne veut
Faites-en ce qu’il vous plaît, mais qu’ils ne soufrent pas !
L’humanité comporte deux parties inégales :
Une majorité, qui élève des chats
Ceux qui vont à la messe, et en font tout un plat,
Et puis des meurtriers aux mœurs amorales !
Des noyeurs de chatons, avec ou sans éther,
Etres impitoyables, des méchants sans scrupules,
Ils détestent la vie ces tueurs pervers,
Et pourtant je me dis si on ne faisait rien,
Il se pourrait bientôt que les félins pullulent !
Pour faire le monde, il faut, aussi, des assassins.
Bobi. 09 .11
lundi 18 juillet 2011
Nombres premiers
Foisonnant au début, retenus par centaines
Ils vont se raréfiant ces nombres dits ‘premiers’
Ceux qui restent dans les mailles du crible d’Eratosthène.
Dans la nuit des grands chiffres, là-bas vers l’infini
Leur densité est faible et tendrait vers zéro
Ils sont pourtant légion, c’est Gauss qui l’a dit
Mais eux le savent-ils ? Peut-être un numéro
D’un poids considérable, mais entouré d’entiers
Croit que le crible plein et qu’il est le dernier
Les nombres divisibles autour de lui fourmillent.
Regardant vers l’amont, il est seul dans le noir
Une angoisse le prend , proche du désespoir
Est-il l’ultime anneau de cette grande chenille ?
Bobi 07.11
vendredi 10 juin 2011
SAINT MALO.
La poterne aux marchands s’ouvrait sur une mer
Hérissée de rochers , de multiples amers,
Et le fort National à quelques encablures,
A gauche le Grand Bé où Chateaubriand dort
A droite « Qui Qu’en Groigne » et son donjon mythique
L’ église Saint Vincent cathédrale gothique,
Plus loin hors les murs , la tour Solidor.
J ‘ai dans la nuit croisé, sur le chemin de ronde
Que les vagues salées et les embruns inondent
Les ombres de Surcouf et de Dugay-Trouin,
Dans ma tête chantait une étrange musique
Mais plutôt que les cris des corsaires malouins
Des « Pardons » Terre-Neuvas , les accents armoriques !
Bobi 10.06.11
mardi 19 avril 2011
SYNDROME CHINOIS
Six Léviathans mortels, déversant nuit et jour
Dans l'air environnant, et la mer alentour,
La pollution fatale, rayonnante, indolore !
Combien de mois encore, devrons nous supporter
Ces boites infernales que nul ne sait clore ?
La mesure du risque peut-elle croître encore,
Quel est ce niveau huit qui pourait l'emporter !
La peur on le sait bien, n'empèche pas le danger !
La menace est si grande, qu'on ose l'envisager.
Un silence prudent est la seule attitude
Qu'il convient d'adopter à cette situation
Et ce calendrier trouvé en altitude
Est peut-être la réponse aux interrogations !
Bobi 18/04/2011
samedi 21 août 2010
Ré la blanche.
Ré la blanche, couverte de champs de passeroses,
Où les ânes en culotte près de la ville close,
Broutent dans les glacis des douves de Saint Martin !
Plus loin, sur les hauts murs, veillent les miradors
Du pénitentier, étrange échinoderme
De pierre de granit. Dans ce bagne moderne,
Séjounent des forçats, dans ses froids corridors.
Dans le marais salant, l'habile paludier
Aligne des petits tas de sel éblouissants,
Et la mer est partout, d'embruns éclaboussant
La dune sur la plage et son sable incendié.
Aux Châteliers, les ruines de l'ancienne abbaye
Dominent la redoute du fort de la Prée;
Dans Ars, le noir clocher pointe le plat pays,
Le phare des Baleines dans un ciel empourpré
Surveille la nuit qui gagne, et de ce bout de terre
Ré, père de l'île, qui plonge dans la mer !
Bobi 08 10
samedi 15 mai 2010
La bohème
Me reviennent en foule les souvenirs d'antan,
Ma vie de patachon vers la rue de Gigant
Dans la ville de Nantes et de ses alentours.
Notre Montmartre c'était les hauteurs de Sainte-Anne
A nous les étudiants de l'école d'Hydro,
Et le quai de la fosse et ses nombreux bistrots
Où flottaient dans l'alcool les "langueurs océanes".
De la place Mélinet, la symétrie parfaite
Incitait à l'étude de la rose des vents
Alidade de pierre, pointée vers le Levant,
Promesse de terres vierges, rêves de découvertes !
Et la Loire roulait ses eaux vers Trentemoult.
Aux quais de Chantenay un vieux rafiot rouillé
Nous faisait rêver d'îles, de rivages mouillés .
Le vieux fleuve imitait, dans ses puissants remous,
Le sillage tourmenté des grands transatlantiques
Invitant au voyage ces enfants romantiques !
Bobi 05 2010
mercredi 14 avril 2010
Maurice
J’ai, dans une autre vie été marchand d’oiseaux.
J’étais spécialisé dans les oiseaux parleurs,
Menâtes, perroquets, perchés sur des roseaux,
Offrant un choix varié aux multiples couleurs
Dans une cacophonie de folles criailleries
Qui donnait l’impression de propos cohérents,
De violentes disputes et même de railleries.
C’est ainsi qu’un beau jour je reçois un client
Qui me dit tout de go : Je cherche un volatile
Qui pourrait compléter un beau jardin d’hiver
Par son apparence et ses couleurs subtiles
Et si c’était possible un bon vocabulaire.
Eh bien ! Lui dis-je alors, j’ai un bel oiseau vert
Doué d’une mémoire assez phénoménale
Il se souvient de tout et il n’est pas très cher
Il saura répéter vos phrases les plus banales.
J’ai aussi celui-là dans sa très belle robe
Il est un peu plus cher mais a un bel accent
Tout droit sorti d’Oxford, c’est un perroquet snob
C’est l’oiseau idéal pour un jardin décent !
Je lui en montrais d’autres de plus en plus coûteux
A cause de leurs talents, parlant grec ou latin
Déclamant du classique en vers rocailleux
Textes ésotériques, citant Saint Augustin !
Enfin nous arrivâmes au fond de ma boutique
Où somnolait Maurice, mon ara favori,
Vautré sur son perchoir, un être pathétique
Une boule de plumes aux tons indéfinis,
Poussiéreux, l’œil éteint, avec un air chafouin.
Son gros bec mité, un pauvre oiseau des îles
Ressemblant en tout point à une boule de foin !
De celui-là, dit l’homme, que m’en coûterait-il ?
Mais rien, lui répondis-je, car il n’est pas à vendre
Il n’a aucun talent, il ne sait pas parler
Il ne sait pas chanter, il est gris comme cendre.
Mais les autres oiseaux ar^rtant de chanter
L’appellent tous « Patron » avec déférence !
Bobi 04 2010
samedi 13 mars 2010
Xynthia.
Qui au flux et reflux, impose sa cadence,
Mais aussi sa puissance, s'il y a coïncidence
D'un grand coefficient, d'un coup de vent subit !
Malheur au littoral quand déborde la mer
Enfonçant le relief dérisoire des dunes,
Des digues des levées, ouvrages de fortune,
Transformant le rivage en des marais amers .
C'est ce qui s'est passé à la fin février
Sur nos côtes si basses d'Aunis et de Vendée:
Je dédie ce poème aux morts de cette nuit.
Il convient désormais d'en tirer la leçon,
Laissons à l'océan ce qu'il nous a repris,
Ce serait, je crois bien, sage précaution.
Bobi 03. 10
jeudi 25 février 2010
Pour la défense des chats.
.......être ET ne pas être !
Monsieur Schrödinger pour une démonstration
Sacrifierait son chat sur l'autel de la science,
Cette mort possible pose un cas de conscience
Tout ça dans un souci de vulgarisation !
Et si onremplaçait lors de cette expérience
Le chat de Schrödinger par le chat de Cheshire
Celui que l'on connaît par son charmant sourire
Etranger au principe de la décohérence !
Le sourire du félin dans l'univers quantique,
Soufflerait un air frais sur toutes ces histoires
La superposition d'états contradictoires
Un chat mort et vivant, paradoxe gothique .
Bobi 02 10
mardi 2 février 2010
Haïti
Marché aux orphelins dans l'île d'Haïti,
Galerie aux jouets, vivants, où l'on choisit
Comme jadis un baigneur, noir, en celluloïd.
Ainsi se perpétue le trafic odieux,
Qui conduisit des hommes enlevés à l'Afrique
Aux îles des Antilles, là-bas aux Amériques ,
Leurs enfants nous reviennent, dans un monde vertueux !
Mais quel est l'avenir d'un peuple sans descendance ?
On sait combien coûta à l'île l'indépendance !
Il faut sur le terrain les aider aujourd'hui
Cesser ces adoptions qui donnent bonne conscience,
Parrainer les enfants, reconstruire le pays,
Croire en leur avenir et prendre patience !
Bobi 02 10
dimanche 31 janvier 2010
Discrétion assurée.
Somme de sinusoïdes en échelon parfait,
Analyse harmonique fusionnant désormais :
Porteuses fractionnées ou modulation d'ondes.
Numérisation ou forme analogique,
Un choix dichotomique sans fin renouvelé,
Rampe pour invalide ou classique escalier
Se substituant à l'autre, évolution technique !
Mais comme la machine fonctionne en numérique
Qu'en est-il des neurones, font-elles la même chose ?
Dans une appréhension d'un univers quantique ?
Comment est fait ce monde ? Est-il cohérent ?
Et la raison se perd dans ces métamorphoses !
Linéaire ou formé d'échelons récurrents ?
Bobi 01 10