Quelques bouts rimés ...
mardi 19 avril 2011
SYNDROME CHINOIS
Six Léviathans mortels, déversant nuit et jour
Dans l'air environnant, et la mer alentour,
La pollution fatale, rayonnante, indolore !
Combien de mois encore, devrons nous supporter
Ces boites infernales que nul ne sait clore ?
La mesure du risque peut-elle croître encore,
Quel est ce niveau huit qui pourait l'emporter !
La peur on le sait bien, n'empèche pas le danger !
La menace est si grande, qu'on ose l'envisager.
Un silence prudent est la seule attitude
Qu'il convient d'adopter à cette situation
Et ce calendrier trouvé en altitude
Est peut-être la réponse aux interrogations !
Bobi 18/04/2011
samedi 21 août 2010
Ré la blanche.
Ré la blanche, couverte de champs de passeroses,
Où les ânes en culotte près de la ville close,
Broutent dans les glacis des douves de Saint Martin !
Plus loin, sur les hauts murs, veillent les miradors
Du pénitentier, étrange échinoderme
De pierre de granit. Dans ce bagne moderne,
Séjounent des forçats, dans ses froids corridors.
Dans le marais salant, l'habile paludier
Aligne des petits tas de sel éblouissants,
Et la mer est partout, d'embruns éclaboussant
La dune sur la plage et son sable incendié.
Aux Châteliers, les ruines de l'ancienne abbaye
Dominent la redoute du fort de la Prée;
Dans Ars, le noir clocher pointe le plat pays,
Le phare des Baleines dans un ciel empourpré
Surveille la nuit qui gagne, et de ce bout de terre
Ré, père de l'île, qui plonge dans la mer !
Bobi 08 10
samedi 15 mai 2010
La bohème
Me reviennent en foule les souvenirs d'antan,
Ma vie de patachon vers la rue de Gigant
Dans la ville de Nantes et de ses alentours.
Notre Montmartre c'était les hauteurs de Sainte-Anne
A nous les étudiants de l'école d'Hydro,
Et le quai de la fosse et ses nombreux bistrots
Où flottaient dans l'alcool les "langueurs océanes".
De la place Mélinet, la symétrie parfaite
Incitait à l'étude de la rose des vents
Alidade de pierre, pointée vers le Levant,
Promesse de terres vierges, rêves de découvertes !
Et la Loire roulait ses eaux vers Trentemoult.
Aux quais de Chantenay un vieux rafiot rouillé
Nous faisait rêver d'îles, de rivages mouillés .
Le vieux fleuve imitait, dans ses puissants remous,
Le sillage tourmenté des grands transatlantiques
Invitant au voyage ces enfants romantiques !
Bobi 05 2010
mercredi 14 avril 2010
Maurice
J’ai, dans une autre vie été marchand d’oiseaux.
J’étais spécialisé dans les oiseaux parleurs,
Menâtes, perroquets, perchés sur des roseaux,
Offrant un choix varié aux multiples couleurs
Dans une cacophonie de folles criailleries
Qui donnait l’impression de propos cohérents,
De violentes disputes et même de railleries.
C’est ainsi qu’un beau jour je reçois un client
Qui me dit tout de go : Je cherche un volatile
Qui pourrait compléter un beau jardin d’hiver
Par son apparence et ses couleurs subtiles
Et si c’était possible un bon vocabulaire.
Eh bien ! Lui dis-je alors, j’ai un bel oiseau vert
Doué d’une mémoire assez phénoménale
Il se souvient de tout et il n’est pas très cher
Il saura répéter vos phrases les plus banales.
J’ai aussi celui-là dans sa très belle robe
Il est un peu plus cher mais a un bel accent
Tout droit sorti d’Oxford, c’est un perroquet snob
C’est l’oiseau idéal pour un jardin décent !
Je lui en montrais d’autres de plus en plus coûteux
A cause de leurs talents, parlant grec ou latin
Déclamant du classique en vers rocailleux
Textes ésotériques, citant Saint Augustin !
Enfin nous arrivâmes au fond de ma boutique
Où somnolait Maurice, mon ara favori,
Vautré sur son perchoir, un être pathétique
Une boule de plumes aux tons indéfinis,
Poussiéreux, l’œil éteint, avec un air chafouin.
Son gros bec mité, un pauvre oiseau des îles
Ressemblant en tout point à une boule de foin !
De celui-là, dit l’homme, que m’en coûterait-il ?
Mais rien, lui répondis-je, car il n’est pas à vendre
Il n’a aucun talent, il ne sait pas parler
Il ne sait pas chanter, il est gris comme cendre.
Mais les autres oiseaux ar^rtant de chanter
L’appellent tous « Patron » avec déférence !
Bobi 04 2010
samedi 13 mars 2010
Xynthia.
Qui au flux et reflux, impose sa cadence,
Mais aussi sa puissance, s'il y a coïncidence
D'un grand coefficient, d'un coup de vent subit !
Malheur au littoral quand déborde la mer
Enfonçant le relief dérisoire des dunes,
Des digues des levées, ouvrages de fortune,
Transformant le rivage en des marais amers .
C'est ce qui s'est passé à la fin février
Sur nos côtes si basses d'Aunis et de Vendée:
Je dédie ce poème aux morts de cette nuit.
Il convient désormais d'en tirer la leçon,
Laissons à l'océan ce qu'il nous a repris,
Ce serait, je crois bien, sage précaution.
Bobi 03. 10
jeudi 25 février 2010
Pour la défense des chats.
.......être ET ne pas être !
Monsieur Schrödinger pour une démonstration
Sacrifierait son chat sur l'autel de la science,
Cette mort possible pose un cas de conscience
Tout ça dans un souci de vulgarisation !
Et si onremplaçait lors de cette expérience
Le chat de Schrödinger par le chat de Cheshire
Celui que l'on connaît par son charmant sourire
Etranger au principe de la décohérence !
Le sourire du félin dans l'univers quantique,
Soufflerait un air frais sur toutes ces histoires
La superposition d'états contradictoires
Un chat mort et vivant, paradoxe gothique .
Bobi 02 10
mardi 2 février 2010
Haïti
Marché aux orphelins dans l'île d'Haïti,
Galerie aux jouets, vivants, où l'on choisit
Comme jadis un baigneur, noir, en celluloïd.
Ainsi se perpétue le trafic odieux,
Qui conduisit des hommes enlevés à l'Afrique
Aux îles des Antilles, là-bas aux Amériques ,
Leurs enfants nous reviennent, dans un monde vertueux !
Mais quel est l'avenir d'un peuple sans descendance ?
On sait combien coûta à l'île l'indépendance !
Il faut sur le terrain les aider aujourd'hui
Cesser ces adoptions qui donnent bonne conscience,
Parrainer les enfants, reconstruire le pays,
Croire en leur avenir et prendre patience !
Bobi 02 10
dimanche 31 janvier 2010
Discrétion assurée.
Somme de sinusoïdes en échelon parfait,
Analyse harmonique fusionnant désormais :
Porteuses fractionnées ou modulation d'ondes.
Numérisation ou forme analogique,
Un choix dichotomique sans fin renouvelé,
Rampe pour invalide ou classique escalier
Se substituant à l'autre, évolution technique !
Mais comme la machine fonctionne en numérique
Qu'en est-il des neurones, font-elles la même chose ?
Dans une appréhension d'un univers quantique ?
Comment est fait ce monde ? Est-il cohérent ?
Et la raison se perd dans ces métamorphoses !
Linéaire ou formé d'échelons récurrents ?
Bobi 01 10
jeudi 31 décembre 2009
FRENCH LINE.
En route sur l’Atlantique vers la mer des Antilles
J’étais jeune officier, tu étais jolie fille
Rien n’aurait résisté à nos rapports troublants.
Nous avions rendez-vous, mon quart terminé
Un peu après minuit près de la cheminée,
Et les phosphorescences de l’eau illuminée
Eclairaient le sillage de magiques traînées.
Et tout participait aux ébats romantiques
La jeunesse, l’interdit, le dépaysement,
La mer et le navire et l’uniforme blanc :
" L’azur phosphorescent de la mer des tropiques "
Qu’es-tu donc devenue Ô ma furtive amante ?
A Maracaïbo dans les champs de pétrole
Si un jour il te vient de lire ces paroles
Te rappelleras-tu de ces amours charmantes ?
Bobi 12 09
vendredi 18 décembre 2009
L'HIVER.
Voici venir l’hiver, le temps des hécatombes
L’année qui se termine donnant en raccourci
L’image d’une vie qui peut finir ici
A la triste période, lorsque l'année succombe. !
Le paysage ressemble lorsque la neige tombe
A un film très ancien tourné en noir et blanc
Un film sans paroles, sur un écran tremblant
La neige mangeant les bruits comme dans une tombe.
Et puis ces chiens du Nord apportés par le vent
Qui vous mordent aux joues, vous déchirent le nez
Remplissent vos yeux de larmes, et qu’ainsi vous semblez
Un pauvre clown triste, fragile, émouvant.
C’est le temps où la bise de son souffle glaçonne
Les pauvres gens transis, que maladie décime
Le temps des pandémies qui atteignent des cîmes
Les clochers se répondent tandis que le glas sonne.
Mais la sagesse nous dit qu’il faut en profiter
Autant quitter la vie lors d’une saison triste
Car mourir au printemps c’est encore plus sinistre
Quand renaît la nature et qu’il faut tout quitter…
Bobi 18 12 09
samedi 28 novembre 2009
le pied de la lettre
Celui-çi broie du noir, et de cet autre encore
C'est un semeur d'embuches, et de cette pécore
Qu'elle arrondit les angles ou qu'elle sème le vent !
Souvent dans mon délire j'en rencontre certains:
Le visage tordu des noirs jeteurs de sorts
Les dépendeurs d'andouilles, les redresseurs de torts
Les peseurs de mots, les poseurs de lapins !
De ces petits métiers, qu'en est-il aujourd'hui
Où sont donc passés ces sinistres broyeurs ?
Ces grignoteuses de coins et ces dispensateurs
D'entraves ou de Mistrals ? Ils se sont évanouis !
Ils se sont en allés, soufflés par les tempêtes
Qu'ils avaient suscitées par leur semailles folles !
Ce vent-là emporta ces belles paraboles
Dans les couloirs du temps, ou dans ses oubliettes !
Bobi 11 09
lundi 2 novembre 2009
Halloween
Héritée des ancêtres, quelle étrange coutume,
Qui fait de nos petits en ce début d’automne,
Ces monstres effrayants qui dans les rue piétonnes
Quêtent des friandises en d’étranges costumes !
Leur rôle est de faire peur aux nombreux revenants
Qui dans la nuit d’Octobre, la dernière je crois,
Voudraient rendre visite, lorsque le jour décroît
Aux familles vivantes, en les terrorisant !
Ils s’affublent de suaires en défiant la mort
Portant des masques affreux pour un spectacle « Gore »
Ô fête d’Halloween ! Quand nos petits enfants,
Voulant se faire laids, en cette soirée de pluie,
Abrités sous un porche, tout en s’encourageant :
Ils sont encore plus beaux, lorsque tombe la nuit !
Bobi 31.10.09
lundi 12 octobre 2009
Le silence.
A bord d’Endéavour, moderne caravelle
Ils quittent volontiers leur planète natale
Pour leur observatoire, la station orbitale,
Qui du cosmos donne, une vision nouvelle.
Dans ce monde les distances se mesurent en ‘parsecs’
La matière y est rare, là domine le vide,
Une absence froide et noire, l’éclairge livide
D’une lune blafarde, reflet d’un monde sec.
Mais très loin dans l’espace naissent des nébuleuses
Et tournent des pulsars, toupies vertigineuses,
Explosent des étoiles en supernovas.
Ils tentent d’écouter dans ce néant glacial
Accroché au vaisseau que l’homme innova
L‘assourdissant silence du vide sidéral.
Bobi 10.09
vendredi 25 septembre 2009
Le grand guillou.
Parfois pour s’amuser les hommes d’équipage
Capturent à la ligne ce bel oiseau plongeur
Qu’ils nomment "grand guillou" pêchant dans le sillage
De leur propre bateau les poissons surnageurs.
Ils gavent alors la bête avec du carbure
Combustible servant aux lampes des navires
Puis relachent l’oiseau, éperdu de brulures
Qui croit que s’il s’abreuve, finira son martyr.
L'acétylène se forme alors en abondance
Dans le corps du bestiau qui a repris son vol.
Et cette réaction qui a pour conséquence
L’explosion de la bête, ravit l’être frivole !
L’auteur de ce spectacle, le marin facétieux.
Surtout lorsque l’oiseau dans les flôts retombé
Dévore ses propres tripes, c’est un met délicieux
C’est son dernier repas, autant en profiter.
Le poète est semblable à ce grandguillou-là,
Il explose en plein vol pour amuser la foule
Il invite le lecteur à son dernier repas
Mais ce sont ses entrailles qu’au banquet il engoule !
Bobi 09.09
Grandguillou : oiseau marin appelé aussi pélitros
dimanche 14 juin 2009
Venise verte.
la nature est un temple où de vivants piliers,Je sais des chemins d’eau, moquettés de lentilles
Laissent parfois passer de confuses paroles....
Comme un vivant tapis aux motifs changeants.
Déchiré chaque fois que passe la flottille
Des barques des loueurs, aux clients exigeants.
Sur les berges , trouant un mur de verdure,
L’éclat blanc des maisons aux volets peints en bleu,
Encadrés par des saules qui lavent leur chevelure
Dans l’eau de la rivière, au rivage sableux.
Des pêcheurs renfrognés viennent y chercher fortune,
Trempant dans le liquide un fil négligent,
Maudissant malgré tout la présence importune,
Des bateaux du dimanche aux remous dérangeants !
La nuit dans le marais, c’est une odelette,
Offerte par les grenouilles et leurs coassements
Et la lune éclabousse d’argent les vaguelettes
Que font les ragondins en furtifs glissements.
Et là, je me souviens d’avoir passé des nuits,
Magiques, à écouter le vent dans les ramures,
Délivrant un message dans ce discret murmure
Message ésotérique, comme celui de la pluie,
Qui brouille le plan d’eau en brisant son miroir
Et que seul le marais cherche à nous faire savoir !
Bobi 06 09
dimanche 31 mai 2009
Demain
Monotonie du temps, mélodie de l'ennui
Demain, un autre "hier", semblable à aujourd'hui !
Demain c'est la promesse d'un monde différent,
Demain comme un beau fruit, offert gracieusement.
"Remettre au lendemain" optimiste message
"S'en remettre à demain" attitude du sage !
Demain c'est entendu , on rasera gratis
Promesses politiques, mensonges au goût d'anis !
Demain c'est le futur, demain c'est l'avenir,
Demain qui pourrait bien ne jamais revenir !
Car demain mène à tout, mais homme n'oublie pas,
Qu'il est un lendemain que tu ne verras pas !
Bobi 05 09
vendredi 17 avril 2009
Ophélie.
La blonde Ophélie chante, dans le lit frais de l’eau,
Parmi les nénuphars qui verdissent sa couche.
La naïve chanson qui coule de sa bouche,
Fait pleurer des rivières, aux nymphes, à gros sanglots !
La pauvre enfant n’a pu supporter la douleur
De la mort d’un père, par son amant occis,
Elle a voulu rejoindre Hamlet dans sa folie,
Et en finir enfin, avec tout ce malheur.
C’est pourquoi elle flotte au fil de la rivière,
Ses cheveux en corolle lui font comme un halo,
Mais ses blancs vêtements, tout en se gorgeant d’eau
L’entraînent doucement vers sa couche dernière.
Ô belle Ophélie ! Fiancée magnifique,
Comme j’ai détesté, du prince, la démence,
De t’avoir sacrifiée à la basse vengeance
Exigée par son père, fantôme famélique !
Bobi 04.09
lundi 30 mars 2009
Saint Jean d'Angle.

…..à Alain R.
Voûtes de Saint Jean d’Angle, résonnez vous toujours
Aux marches du Poitou, dans la plaine salée,
‘Des soupirs de la Sainte et des cris de la fée,’
L'ombre du 'Ténébreux', hante-t-elle vos tours ?
Du haut de vos murailles on peut apercevoir,
Le fort de Brouage, et la tour de Broue,
Désormais abolie, vieille figure de proue,
Le retrait de la mer, l’a gommée de l’Histoire !
Dans vos douves peut-être, a nagé la sirène
Car l’océan tout proche baigne la terre de Saintonge
Et ce marais immense, gorgé comme une éponge,
Est gardé par vos tours, sentinelles sereines
Il est bien légitime que tu hantes ces lieux,
Ô ! Prince d'Aquitaine ! Chez la fée Mélusine
Tu es chez toi poète, c’est un peu ta cousine !
Bob 03.09
mercredi 25 mars 2009
Welcome.

Abydos Cestos Sangatte FolkestonLéandre se débat dans l’onde qui le noie
Chaque vague l’assomme un peu plus, il nage
Vers la faible lueur dans la tour qui rougeoie,
Où Héro son épouse scrute la mer, sous l’orage.
Recueille le dernier soupir de Léandre.
Cruel Héllespont, de ces amours brèves
Tu as brisé le cours, dans tes sombres méandres !
En traversant la mer, en affrontant les flots
A partir de Sangatte, dans la mer cruelle
Entre dans la légende petit kurde, en héros !
mardi 24 mars 2009
Les Alains
Fixant la ligne hostile de l'ennemi tout proche,
Les chevaliers Alains , sans peurs et sans reproches,
Attendent le signal qui va les délivrer !

Comme une déferlante balayant le plateau
Les cavaliers barbares au trot de leur monture
Dans un sourd grondement, la sauvage structure
Effectue son approche avant l’ultime assaut !
Puis à courte distance les chevaux sont lâchés.
Le grondement devient roulement de tonnerre.
De cette énorme vague qui court sur son erre
Sur la digue ennemie qui va être enfoncée !
Et dominant le bruit de la course furibonde,
Le hurlement dément des guerriers hystériques,
Le tournoiement des sabres en éclats magnifiques :
La charge des Alains va balayer le monde !
Bobi 03.09